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Dernière fête

Direction artistique et mise en page du dossier de presse d'une compagnie de théâtre parisienne.

Un dossier de presse se joue en cinq minutes. C’est le temps qu’un programmateur ou un journaliste lui accorde avant de décider s’il ira voir le spectacle. Comment donner envie avec un document qui doit rester sobre, et faire lire un texte de création à quelqu’un qui en reçoit trente par semaine ?

Dernière fête est une compagnie de théâtre parisienne, une création portée par 7 comédiens. Comme toute compagnie, elle devait convaincre en amont : les programmateurs de salles, les journalistes, les partenaires potentiels. Le dossier de presse est l’outil de cette conviction, et souvent le seul contact avec l’œuvre avant la représentation.

Le problème de ce type de document est connu de tous ceux qui en reçoivent : la plupart sont des empilements de texte non maquettés, où la note d’intention, les biographies des comédiens et les informations pratiques se succèdent sans hiérarchie. Le destinataire, qui en reçoit plusieurs par semaine, feuillette et repose. Il fallait donc un document qui se parcoure aussi bien qu’il se lise, sans jamais prendre le pas sur le spectacle lui-même.

Mon parti pris a été de traiter le dossier comme un objet éditorial et non comme un document administratif. Concrètement : une grille de revue, une typographie fine et aérée, et un motif signature de traits diagonaux répétés qui accompagne chaque titre de section. Ce motif joue le rôle que joue la lumière au théâtre. Il ne raconte rien par lui-même, il découpe l’espace et donne un rythme. On le retrouve dans la coupe en biseau des portraits de comédiens, ce qui relie les pages entre elles sans jamais recourir à un cadre ou à une bordure.

Le reste a suivi cette logique. Une palette froide de bleus et de gris, volontairement retenue, pour laisser les photographies porter seules la charge émotionnelle. Des portraits de comédiens traités en cartes identiques, avec une accroche de caractérisation en une ligne sous chaque nom, pour qu’un programmateur retienne les visages sans lire les biographies. Une pagination en triangle, reprise du motif, qui sert de repère discret. Et une grille multicolonnes sur les pages de texte dense, pour aérer la note de scénographie tout en conservant l’intégralité du propos de la compagnie.

Client : Romain Chesnel

Structure : Réalisé avec NervyFox Studio

Année : 2018